mercredi 19 août 2009

Filth of the City

C’est un homme heureux qui vous écrit ce message. Un homme qui a reçu un message de Caroline, un autre de Laura; du soutien et un code de carte pré-payée World of Warcraft de la part de ses parents et de sa famille et appris l’annonce de Fable III.


Mais surtout, un homme heureux grâce à de magnifiques retrouvailles et un magnifique et enrichissant voyage à Kyoto.


Et c’est parce que cet homme est heureux qu’il va être plus en verve que jamais.

Je suis de retour en la fourmilière Tokyoïte, et ça va chier.


Kyoto est une ville sublime, riche de son Histoire, riche de sa Culture, riche de son Authenticité, riche de sa Spiritualité; et magnifiée par Eléonore et Julia. Ce séjour fut régénérant, ressourçant et enrichissant. Après avoir soupé jusqu’à la nausée du bishonen wannabee fashion qui drague mollement des greluches juchées sur 10 centimètres de faux Christian Louboutin, ça fait vraiment, mais alors vraiment du bien.

Et désormais, me voici de retour dans ce que Antoine nomme, et selon moi à raison; la Babylone Moderne.


Pour moi, Tokyo est l’équivalent de la Ville de Spider Jérusalem; cette mégalopole post-cyberpunk emplie de vices et de débauches; une ville d’ombres sournoises et de lumières artificielles dans tous les sens du terme, mais comme le dit si bien le Spider susnommé:


«Je ne peux écrire que dans la Ville.»

Et je ressens tout à fait ce propos.


Après la spiritualité de la Grande Capitale, l’hypocrisie de la Capitale de l’Est me réjouit.

Tokyo est la Ville, la Babylone, là où tout se consomme, se vend, se cache. Ce n’est pas une Amsterdam qui offre de la liberté et l’assume; ce n’est pas une Vegas qui vend de la débauche et l’assume.

Non, Tokyo, c’est une working woman sexy et élégante; toujours sur la brèche, qui a honte d’être inassouvie par son mari et qui a honte de sustenter sa nymphomanie par du Sado-Masochisme lesbien.

Et désormais, grâce à ce beau voyage spirituel, je peux le dire:

J’ADORE CA.


Désormais, le vice caché; la perversité inavouée de cette immense mégalopole prend un goût nouveau pour moi. Je suis sur le toit du monde, là où l’apparence compte plus que tout, là où la photo la plus lumineuse n’existe que par le négatif le plus obscur.


J’aime voir ces sales gaijins ivres de sake et d’extraterritorialité se dire que parce qu’ils sont étrangers et que dans leur pays occidental une demoiselle qui s’habillerait comme le ferait une fille de Shibuya serait forcément une fille de petite vertu, ils peuvent se taper n’importe quelle fille, n’importe où et n’importe quand. Et j’aime rire de ces abrutis lorsqu’ils réalisent que non, les Tokyoïtes ne sont pas des filles faciles avides d’étrangers; mais au contraire des petites choses gentilles mais farouches, qui ont juste une mode plus voyante et excentrique; et que non le peu d’intérêt qu’elles leurs portent n’est pas signe d’une envie de forniquer.

Et si vous ne me croyez pas, c’est que vous n’avez rien compris aux femmes en général et aux japonaises en particulier.

J’aime voir ces salarymen moyens, enfermés dans leur vie moyenne; lire du Hentai dans le métro. Le Hentai bas de gamme, ou la perfusion d’une libido en état de mort cérébrale après des années de médiocrité routinière. Et après j’aime les voir aller dans les bars à hôtesses, rêver de beauté et de féminité qu’ils ne connaîtront plus jamais.


J’aime voir cette ville où tout se monnaye, où l’on vous offre un cadeau dans un bar avant de vous le facturer 1000 yens sur l’addition; où l’on prétend être d’une culture dont on ne connait rien; si ce n’est qu’elle attire le CONsommateur et est peu exploitée par les chercheurs de profit.


J’aime chercher le moche derrière les apparences, et désormais je me rend compte: Je vais me régaler. Tokyo a perdu la tradition et la spiritualité d’une Kyoto, ou plutôt les a vendues. Parce que la Culture avec un C majuscule, ça ne fait pas vendre; parce que le Système a besoin de zombies décérébrés par un rythmne de vie infernal et un consumérisme outrancier pour survivre. Ce Système subsiste seulement grâce à l’usine à rêves et aux spectacles permanents. En faisant regarder les étoiles qu’ils n’atteindront jamais et le même tunnel monotone au peuple moyen, le Système l’empêche de regarder le sol, et de faire constater au peuple qu’il creuse sa tombe.

Et comme le peuple a honte du mal qui est en lui, il continue de le cacher, et parce qu’il le cache il fait vivre le Système. Le Système est heureux de forcer le peuple à avoir honte de son vice, parce que au final cette économie du vice ne peut fonctionner que grâce à la volonté de braver les interdits; et parce que au final cette économie de l’écran de fumée ne peut exister que par la volonté de cacher cette souillure derrière la peinture la plus reluisante possible.


Tokyo est véritablement la Babylone moderne, là où le mercantilisme, la bureaucratie sont contrôlés par un seul et même pouvoir (le fameux triangle P.L.D./ Keiretsu/ Yakuza) dans le seul but d’exploiter le peuple.


Je vais me plaire ici, oh oui...

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