lundi 7 septembre 2009
Keio, je t'emmerde
jeudi 27 août 2009
Suit Up!
mercredi 19 août 2009
Filth of the City
C’est un homme heureux qui vous écrit ce message. Un homme qui a reçu un message de Caroline, un autre de Laura; du soutien et un code de carte pré-payée World of Warcraft de la part de ses parents et de sa famille et appris l’annonce de Fable III.
Mais surtout, un homme heureux grâce à de magnifiques retrouvailles et un magnifique et enrichissant voyage à Kyoto.
Et c’est parce que cet homme est heureux qu’il va être plus en verve que jamais.
Je suis de retour en la fourmilière Tokyoïte, et ça va chier.
Kyoto est une ville sublime, riche de son Histoire, riche de sa Culture, riche de son Authenticité, riche de sa Spiritualité; et magnifiée par Eléonore et Julia. Ce séjour fut régénérant, ressourçant et enrichissant. Après avoir soupé jusqu’à la nausée du bishonen wannabee fashion qui drague mollement des greluches juchées sur 10 centimètres de faux Christian Louboutin, ça fait vraiment, mais alors vraiment du bien.
Et désormais, me voici de retour dans ce que Antoine nomme, et selon moi à raison; la Babylone Moderne.
Pour moi, Tokyo est l’équivalent de la Ville de Spider Jérusalem; cette mégalopole post-cyberpunk emplie de vices et de débauches; une ville d’ombres sournoises et de lumières artificielles dans tous les sens du terme, mais comme le dit si bien le Spider susnommé:
«Je ne peux écrire que dans la Ville.»
Et je ressens tout à fait ce propos.
Après la spiritualité de la Grande Capitale, l’hypocrisie de la Capitale de l’Est me réjouit.
Tokyo est la Ville, la Babylone, là où tout se consomme, se vend, se cache. Ce n’est pas une Amsterdam qui offre de la liberté et l’assume; ce n’est pas une Vegas qui vend de la débauche et l’assume.
Non, Tokyo, c’est une working woman sexy et élégante; toujours sur la brèche, qui a honte d’être inassouvie par son mari et qui a honte de sustenter sa nymphomanie par du Sado-Masochisme lesbien.
Et désormais, grâce à ce beau voyage spirituel, je peux le dire:
J’ADORE CA.
Désormais, le vice caché; la perversité inavouée de cette immense mégalopole prend un goût nouveau pour moi. Je suis sur le toit du monde, là où l’apparence compte plus que tout, là où la photo la plus lumineuse n’existe que par le négatif le plus obscur.
J’aime voir ces sales gaijins ivres de sake et d’extraterritorialité se dire que parce qu’ils sont étrangers et que dans leur pays occidental une demoiselle qui s’habillerait comme le ferait une fille de Shibuya serait forcément une fille de petite vertu, ils peuvent se taper n’importe quelle fille, n’importe où et n’importe quand. Et j’aime rire de ces abrutis lorsqu’ils réalisent que non, les Tokyoïtes ne sont pas des filles faciles avides d’étrangers; mais au contraire des petites choses gentilles mais farouches, qui ont juste une mode plus voyante et excentrique; et que non le peu d’intérêt qu’elles leurs portent n’est pas signe d’une envie de forniquer.
Et si vous ne me croyez pas, c’est que vous n’avez rien compris aux femmes en général et aux japonaises en particulier.
J’aime voir ces salarymen moyens, enfermés dans leur vie moyenne; lire du Hentai dans le métro. Le Hentai bas de gamme, ou la perfusion d’une libido en état de mort cérébrale après des années de médiocrité routinière. Et après j’aime les voir aller dans les bars à hôtesses, rêver de beauté et de féminité qu’ils ne connaîtront plus jamais.
J’aime voir cette ville où tout se monnaye, où l’on vous offre un cadeau dans un bar avant de vous le facturer 1000 yens sur l’addition; où l’on prétend être d’une culture dont on ne connait rien; si ce n’est qu’elle attire le CONsommateur et est peu exploitée par les chercheurs de profit.
J’aime chercher le moche derrière les apparences, et désormais je me rend compte: Je vais me régaler. Tokyo a perdu la tradition et la spiritualité d’une Kyoto, ou plutôt les a vendues. Parce que la Culture avec un C majuscule, ça ne fait pas vendre; parce que le Système a besoin de zombies décérébrés par un rythmne de vie infernal et un consumérisme outrancier pour survivre. Ce Système subsiste seulement grâce à l’usine à rêves et aux spectacles permanents. En faisant regarder les étoiles qu’ils n’atteindront jamais et le même tunnel monotone au peuple moyen, le Système l’empêche de regarder le sol, et de faire constater au peuple qu’il creuse sa tombe.
Et comme le peuple a honte du mal qui est en lui, il continue de le cacher, et parce qu’il le cache il fait vivre le Système. Le Système est heureux de forcer le peuple à avoir honte de son vice, parce que au final cette économie du vice ne peut fonctionner que grâce à la volonté de braver les interdits; et parce que au final cette économie de l’écran de fumée ne peut exister que par la volonté de cacher cette souillure derrière la peinture la plus reluisante possible.
Tokyo est véritablement la Babylone moderne, là où le mercantilisme, la bureaucratie sont contrôlés par un seul et même pouvoir (le fameux triangle P.L.D./ Keiretsu/ Yakuza) dans le seul but d’exploiter le peuple.
Je vais me plaire ici, oh oui...
jeudi 13 août 2009
The Third Age
Quand l’Histoire anéantira la civilisation Japonaise moderne, et que cette civilisation la suppliera à genoux; l’Histoire lui dira qu’elle va prendre du plaisir à faire ça lentement.
Principalement à cause de 2 choses: Les pubs Japonaises et Leur façon de traiter leurs vieux.
Pour certains peuples d’Afriques la mort d’un vieillard est pire que celle d’un bébé, après tout le bébé n’a rien accompli et n’a de fait rien a transmettre, ni rien à regretter; les japonais feraient bien de s’en inspirer quand on voit comment ils traitent leurs vieux.
C’est bien simple tous les emplois dégradants et peu qualifiés sont tenus par des personnes du 3eme âge; quand ces personnes ont un emploi et ne dorment pas sur le trottoir ignorés de tous.
Perso, ça me débecte.
J’ai vu un vieux balayeur du métro se faire pousser par un salaryman, je l’aurais abbattu sur place sans autre forme de procès. Le plus révoltant c’est que ce cadre moyen qui vit sa vie moyenne n’a aucun respect ni pour le peu de gens qui sont en-dessous de lui sur l’échelle sociale, ni pour ses aînés. Alors que le respect des ancêtres est censé être primordial dans la pensée japonaise.
Oui ce vieux est un boulet qui mange du pognon à coup de retraites, oui ce vieux a un job insignifiant; mais juste parce qu’il est vieux cet abruti aurait du s’excuser; et platement.
Pour la simple et bonne raison que ce connard moyen vit une vie moyenne de merde avec une femme moyenne de merde et des enfants moyens de merde.
Alors que le vieux appartient à la génération qui a versé son sang et ses larmes dans une guerre idéologique menée par un fou. Une guerre dont il savait la vacuité; dont il savait qu’elle ne leur ferait pas écrire l’Histoire; mais qu’il a fait quand même pour son pays.
Et alors que ce salaryman médiocre s’est confortablement assis dans la Mitsubishi Lancer Evolution IX économique japonaise; le vieux a aidé à la faire démarrer; et en 1997 c’est le vieux qui a regonflé les pneus.
Au fait, je ne défends pas un impérialisme qui a combattu aux côtés des mêmes qui ont envoyés mon grand-père a Buchenwaldz; j’ai juste plus de respect pour un homme qui a combattu pour ce qu’il croyait et pour son pays, que pour un insignifiant tocard qui ne combat pour rien, parce que de toutes façons il est trop con et endoctriné pour avoir une cause qui en vaille la peine.
Ce vieux aurait des choses à raconter, des choses qui font honneur aux japonais; et le voir aujourd’hui méprisé par cette génération qu’il a porté à bouts de bras me révulse. Le vieux aurait autres choses à raconter que le fait qu’il a chopé son fils en train de se branler devant du porno téléphonique, ou que sa fille a fini avec 3 Kevins de Shibuya bourrée dans tous les sens du terme.
Mais aujourd’hui ce vieux comme tant d’autres, est contraint de mendier à sa propre progéniture; cette génération minable qu’il a crée le force aujourd’hui à mettre les deux genoux à terre pour lui cirer les pompes; au sens littéral du terme. Et lorsqu’il a fini de s’abbaisser, il va dormir dans la rue; avec ses congénères générationnels qui sont aussi des laissés pour compte.
Et vous savez quoi? Ca leur va très bien comme ça.
Parce que leur société qui vit à 450 à l’heure n’a pas besoin de vieux traîne-patins;
parce que leur capitalisme du culte de l’apparence a besoin de jeunes idols de 12ans qui vont faire casquer leurs connes de filles et triquer leurs médiocres de pères.
Parce que au final, acheter le respect de leur fille en lui payant le dernier album de la nouvelle poupée formatée par Sony pour les endormir plus et les faire raquer plus; est tout ce qu’ils veulent.
Parce que le vieux au final, il faut l’entretenir; mais le vieux il ne fera pas des études dont il n’a rien à taper pour devenir salaryman comme papa.
Le vieux, il ne donne pas la gaule au patron quand on l’invite à bouffer histoire de lui faire de la lèche et d’avoir enfin son augmentation.
Le vieux, il rapporte pas de thunes; le vieux, il n’a que des expériences humaines fortes et une philosophie de la vie qui doit être gardée. Mais ça, ça fait pas vendre, ça rapporte pas; puis ça fait chier la petite qui préfère mater Hey Hey Hey et rêver que un jour, avant qu’elle soit trop vieille; à savoir 15ans; elle aussi fera déverser des litres de sperme par des vieux pervers et des piles de billets par d’autres connes de son âge. Et comme le vieux, lui qui a vu naître ce capitalisme décérébrant, ce rideau de fumée consumériste; sait à quel point ce sont des pions; il le leur dit. Et eux, dans une grande réaction de révolte; ils le chassent. Parce qu’ils sont heureux en tant que pions, ils aiment leur vie moyenne, ils aiment payer pour du rêve et de la lobotomie, et ils ont atteint le point de non-retour de la digestion par le système. Aujourd’hui en sont jejunum; demain en son rectum, après-demain le système tirera la chasse et les aura remplaçés.
Et le vieux dans tout ça, il mendie, il vole, il se dégrade humainement et physiquement; il vole encore; il attend que les flics le chope; au moins il ira en maison de retraite ou en prison. Mais plus dans la rue, il ne sera plus ignoré par sa progéniture, et cessera d’avoir ses seuls moment d’existence quand il lui cire les pompes.
Mais ils paieront, un jour ils paieront leur volonté de s’enfoncer dans leur médiocrité en sacrifiant l’humain au consommable.
Ballade Nocturne
Désolé Mathilde, mais aujourd'hui j'ai un sujet qui me tient bien plus à coeur que l'honorable bureaucratie japonaise expliquée à ces connards de Gaijins.
Non aujourd'hui je veux vous parler d'une de mes plus belles expériences Tokyoïtes: lorsque je me suis perdu seul dans la nuit d'hier.
Pour faire simple, on est parti en soirée avec un autre client de l'hôtel et on s'est perdus; puis l'autre client avait envie de continuer la soirée, tandis que moi; n'ayant ni papiers d'identités sur moi; vous pouvez rangez vos sourires de hyènes, ils sont planqués dans mon coffre; ni l'envie, j'ai décidé de rentrer seul.
Alone in the Dark, ouais; pour ceux, mais surtout celles je pense; qui connaissent Tokyo, je devais faire Shibuya-Asakusa à pinces. DEVAIS, parce que au lieu de rentrer par la façon normale, j’ai raté toutes les sorties; manqué tous les virages et mal compris toutes les indications que d’aimables japonais ont voulu me donner.
Et de fait, de conneries en incompréhensions, je me suis retrouvé au jardin de Yoyogi; seul et perdu; mon esprit était dans un cirage de désorientation aussi noir que le ciel nocturne Tokyoïte.
Je ne savais pas où j’allais, ou du moins je croyais le savoir, et à chaque fois que j’atterrissais au mauvais endroit, j’étais dans l’incompréhension la plus totale. J’allais de Combini en Postes de Police errant entre la route principale et le parc de Yoyogi.
Sous le noir d’encre, le parc ressemblait vraiment à une forêt mal famée, et pourtant je n’étais pas sur mes gardes; Tokyo est une ville sûre, et chaque seconde de cette escapade en fut une confirmation. Mais j’étais en sueur, ma chemise devait peser 3 tonnes; mes yeux me brulaient à force de pleurer de la transpiration et chacun de mes mouvements n’étaient produits que par une force psychologique.
Et vous savez pourquoi? Parce que quand même bien même ce fut une connerie monumentale; quand bien même je puisse m’estimer heureux d’avoir préservé mon passeport et mon intégrité anale; et ben c’était trop bien.
C’était trop bien, me perdre dans Tokyo la nuit fut une expérience enivrante, je voyais des gens normaux et d’autres moins; je me faisais aider par des clerks de combini dont la politesse et la volonté de m’aider faisait plaisir à voir; même si c’était juste parce qu’ils avaient enfin quelque chose à foutre.
Je souffrais le martyr, je n’étais plus qu’une immonde masse gélatineuse et coulante; mon cerveau était réduit à sa plus simple expression; mais mon esprit grisé suffisait à lui seul à faire tenir mon corps. Chaque désillusion me contraignait à un demi-tour; ou a emprunter le bon chemin; et tandis que la ville faisait sa mue devant moi; elle me tendait des pièges, m’empoisonnait par son climat et jouait avec mon esprit faible et dérouté. Mais dans ce long combat d’usure contre la ville, je n’ai pas capitulé; j’étais trop heureux de vivre ce que j’ai vécu.
Je voyais cette grande mégalopole, symbole d’un consumérisme et d’un capitalisme exacerbé; je voyais cette vieille geisha dopée à l’adrénaline trop attiffée et trop maquillée se muer. Je la voyais plus que nue, je la voyais dans sa chair.
J’ai vu des jeunes habillés selon la dernière mode made in Shibuya dormir dans un parc, à côté de ces vieux laissés pour compte rejetés parce que trop vieux pour une économie d’apparence qui vit à 400 à l’heure. Et l’odeur de crasse et d’alcool m’a bien fait comprendre que ces jeunes n’étaient pas là à cause d’une cuite plus forte que prévue.
J’ai vu le mépris dans les yeux du citoyen lambda face à mon apparence perdue.
Et parce que j’étais heureux de découvrir cela lors d’une balade improvisée et impromptue, j’étais heureux, et j’ai tenu.
Et parce que j’ai tenu; la ville m’a pardonné et j’ai finalement eu le droit de retrouver mon chemin; et au sens littéral; parce que je me suis retrouvé pile à mon point de départ. J’ai eu le droit de retrouver mon hôtel, et de gouter la victoire sur ma connerie. Tout en restant totalement grisé par cette belle expérience. Et finalement, j’ai eu le droit de survivre et de revivre; plus heureux que je ne l’ai jamais été.
Et pour finir une pensée pour quelqu’un.
Lorsque la Bretagne sera civilisée et qu’elle aura l’accès internet à loisir; Laura pensera à notre ballade du même genre à Dijon; et comme toujours je lui dirais que c’est mon plus beau souvenir avec elle. Alors Laura si tu lis ce torchon, dis-toi que c’était aussi génial; j’aurais juste voulu que tu sois là.
