lundi 7 septembre 2009

Keio, je t'emmerde

Il est 3 heures du matin en la ville de Tokyo.
Il est 3 heures du matin et tout va bien.

M'avait manqué ce connard de blog; non sérieux, des fois je pense des trucs et je me dis que je devrais les marquer, puis au final; je le fais pas. Mais ça vous l'avez compris je pense.

Alors aujourd'hui pour la première et certainement la dernière fois je vais vous parler de Keio.
Et être très clair sur un point: KEIO J'EN AI RIEN A BRANLER.
Mais alors vraiment rien, j'ai 5 ans de Sciences-Po à tirer, et j'en ai déjà pas grand-chose à secouer; alors un an de Keio z'imaginez que je dois m'en foutre royalement.
Je le pense vraiment, c'est bientôt l'inté de merde. Ces 15 jours d'intégration sont des jours merdiques et seront des jours merdiques, pour la simple et bonne raison qu'ils sont obligatoires.
Personnellement, aller voir Laura, Eléonore et Julia à Kyoto m'est vachement plus obligatoire.
Bien plus que de claquer ma thune à voir des gosses de riches dont j'ai rien à battre se palucher en vantant les mérites de l'école de riche jap où on a bien voulu d'eux pour finir en suçant les profs et l'école une fois qu'ils ont fait bien jouir leur ego.
Cette école je m'en balance, pour moi c'est l'humain et les expériences qui comptent, et je sais que cela n'est pas défini par le standing de l'école ni par celui de ses élèves.
Alors oui, Keio; je m'en tape. Je m'en fous des cours, la seule chose que j'espère d'eux c'est qu'ils aient un internet pas sécurisé, que je puisse jouer peinard à World of Warcraft au lieu de les écouter.
Comment? Je crache dans la soupe?
Non, j'en ai juste rien à taper de la soupe; que je la boive ou pas; avec ou sans mon crachat; chaude ou froide; la soupe de Keio je m'en moque.
Au niveau standing vous avez peut-être le droit de dire que ce que mes amis m'ont servis c'est de la flotte. Mais cette flotte est et sera à jamais plus régénérante et enrichissante que le consommé de homard de sciences-po ou le potage de pieuvres de Keio. (Et j'utilise pas le plat de pieuvres par respect.)
Les gens à l'heure actuelle je m'en contrebanle; on s'est bien fait 2 potes français qui seront sur le campus de Yagami, au-delà je m'en tape. Ca se saurait si j'avais le moindre intérêt dans ceux que je nomme avec un mépris indifférent: "Le Monde Extérieur".
Je dois vous avouer que je suis même surpris d'y foutre des majuscules....

Alors non, Keio; z'en entendrez pas parler; et surtout pas sur ce blog. Parce que je sais une chose; c'est pas à l'école que vous vivez vos plus belles expériences. Ca peut l'être avec des gens de l'école si vous êtes aussi chanceux que je l'ai été à Sciences-Po Le Havre.

Mais c'est marrant, je pars avec le pré-supposé que ça passera pas comme au Havre.
C'est marrant, mais je sens que l'esprit je m'en foutiste et j'emmerde la noble institution; je ne le trouverai pas à Keio. Je sais que en un sens, cet esprit est unique; et que même s'il ne l'est pas; je ne le trouverai pas chez des étudiants internationaux heureux de faire partie de la soi-disant élite; et qui estime devoir du respect à une école juste parce qu'elle a acceptée le chèque de papa-maman.
Et surtout, je sais que le Japon n'a aucune chance d'avoir cet état d'esprit.
Mais je vous le promets; ils m'auront pas.

Keio ne représente rien pour moi; juste une marche scolaire de plus sur l'escalier de mon ascension. Ils auraient pu me foutre à Sapporo ou à Nagasaki; ça m'aurait fait le même effet.
C'est pas Keio qui m'intéresse; c'est le Japon.
Je suis dans une école où je pourrais faire du Sciences-Po; comme ça je pourrais vraiment rester les bras croisés à pas en branler une. Cool, comme ça je pourrais avoir de vraies expériences vraiment enrichissantes au Japon. De vrais trucs, pas des cours de merde et des histoires de vie de gosses de riches internationaux. De vrais trucs du Japon, parce que la vie au Japon m'importe plus que la vie à Keio. J'ai envie de découvrir ce pays, pas de rester le cul sur une chaise à entendre un vieux con essayer de m'apprendre la vie.
Et les gens, on verra; pour l'instant ils n'existent pas pour moi; et j'existe pas pour eux. Et ça me va très bien comme ça. Si j'estime qu'ils ont un minimum d'intérêt, peut-être arrêterai-je de fumer clope sur clope en soirée pour ne pas avoir à leur parler. Mais c'est pas près d'arriver.
Ce que je hais, et que bien des étudiants ont; c'est la fierté d'être dans une école.
Ca me défrise.
Comment peut-on se ramener à une institution scolaire?
Comment peut-on vouloir exister via des cours et des profs?
Comment peut-on se vanter de l'hypothétique obtention d'un diplôme alors qu'on ne sait même pas s'il aura une once d'utilité?

Si je m'écoutais, je m'amuserais à me faire tatouer mon numéro d'étudiant sur le poignet et j'inscrirai sur la CHCI et sur la Rue Saint-Guillaume:
"Le travail rend libre."
Parce que c'est tout à fait ce que je ressens quand on me dit d'être fier d'être dans une école.
Quand bien même vous penseriez que vos actes et vos accomplissements vous définissent; vous n'avez rien accompli en rentrant; et vous n'avez pas accompli plus en sortant.
C'est vos proches qui vous définissent; c'est vos proches qui vous donnent des expériences et des idées fortes; pas une noble institution.
Alors voilà, ci-gît mon seul article sur Keio.
Mais qui sait autant j'y vivrai des trucs que je jugerais intéressants, où même peut-être que j'y verrais des trucs marrants... Mais j'en doute...

De fait; de cette école vous ne saurez qu'une seule chose:

que j'en ai rien à foutre.

(PS: Au niveau purement littéraire, cet article est merdique je sais; j'en ai conscience; j'ai juste du mal à exprimer le fait que je puisse me foutre de ce qui est sensé être une grande aventure dans ma vie de merde. Puis ici, il est 3 heures du mat; puis pour moi le je-m'en-foutisme est un état d'esprit, une mentalité; je trouverais d'autres circonstances atténuantes.)

jeudi 27 août 2009

Suit Up!



Aujourd'hui je vais vous parler d'un sujet qui me tient particulièrement à coeur; d'un sujet qui m'est vital... Je vais vous parler de l'ultime symbole de classe et de virilité; le costume et appliquer cela aux honorables peuplades du Pays du Soleil Levant.

Parce que ici, et surtout dans la "Concrete Jungle" Tokyoïte, bien porter le costume est un art; et surtout un challenge. Le côté challenge étant dû à ces imbéciles de salarymen, exemple type du pingouin moyen pour qui le costume n'est plus qu'une simple tenue de travail; bien entendu associée à un travail aussi morne et chiant que l'est sa vie médiocre.

Tout d'abord il faut savoir que Tokyo est une ville aimable, et que les japonais peuvent avoir du goût tout simplement parce que en cette cité; il est possible d'acheter des vestes croisées et des trois-pièces au tailleur du coin; de même Antoine et moi y avons trouvé un tailleur qui vous proposera un costume sur-mesure pour 150 euros. Le fin du fin étant que le gilet de costume et la cravate fine y sont à la mode, aussi bien pour le Fashion de Shibuya que pour le Businessman de Shinjuku.
De fait avec des bases de départ comme celles-ci, si vous êtes habillés comme un gribouillage de votre petite cousine; c'est que vous n'avez vraiment aucun talent.
Heureusement, en bon connard prétentieux et méprisant étudiant dans une école parisianiste pour riches; j'ai établi une classification de la façon qu'on les japonais de porter le costume; à vous d'en tirer les leçons messieurs.

Du plus consternant au plus élégant:
-Le Gros Pingouin:
C'est pire que le salaryman de base; c'est le fond de l'abysse; on n'est même plus dans la poubelle mais dans le trottoir souillé et suintant d'urine canine qui la soutient.
C'est tellement une faute de goût que la seule façon précise de définir cela est la façon bête et méchante. Costume "noir-basique" taillé comme un jogging et déformé par des années d'utilisation stupide; chemise manche courte informe blanc délavé relevée par une cravate dont les couleurs vous piquent les yeux. Les chaussures restant basiques et noires, elles peuvent tendre vers le seul point passable; le problème étant que certains préfèrent porter des sandales avec des chaussettes ou des baskets dont les couleurs et les formes ne sied pas au costume. Le détail ultime étant le marcel ou le tricot visible sous la chemise.
-Le Pingouin:
C'est le point zéro, le départ, le salaryman de base. C'est évidemment peu élégant, mais ça peut ne pas être moche, surtout quand certains font des efforts. Bien entendu on reste dans la base et dans l'outil de travail; c'est cadres moyens pas des grands pontes yakuza. Tout simplement, costume noir avec rarement des motifs ou des reflets; chemise blanche ou bleue avec parfois des manches longues, une cravate de meilleure goût. Les chaussures sont tout aussi moyennes que le reste, mais ont au moins le mérite d'être des chaussures de ville qui collent à l'ensemble.
-Le Moins-Pingouin:
C'est encore un salaryman, sauf qu'il est soit un peu plus haut dans la hiérarchie soit un peu plus jeune. Ce qui est sûr, et qui surtout nous intéresse; c'est que sa mise le préoccupe plus.
Le costume sera plus cintré avec une coupe plus moderne, se permettra le bleu marine et les rayures tennis et pour une fois bénéficiera d'une chemise d'une autre couleur que le bleu ou le blanc. Le Moins-Pingouin portera le plus souvent une cravate un tant soit peu assortie, ou n'en mettra pas lorsqu'il ne voudra vraiment pas faire pingouin. Les chaussures restent noires, on reste dans le style salaryman mais mieux. Le pingouin de base qui se vêtirait tel un moins-pingouin se nomme péjorativement un "Grand Pingouin" dans le but de souligner le ridicule de sa tentative louable, mais bien sûre ratée.
-Le Patron
Du représentant de l'étage supérieur au DRH de chez Sony; cette classe regroupe tout ceux qui travaillent et vivent au milieu de salarymen, mais ne sont plus des salarymen. Ca reste des cadres, donc costard obligatoire, mais ils savent observer un certain nombre de règles de façon à se différencier de leurs subordonnés. Tout d'abord le costume est cette fois-ci bien mieux taillé; soit cintré soit classe, quoiqu'il arrive il tombe comme il faut. Ensuite il perdra quoiqu'il arrive une des caractéristiques du salaryman. Ainsi le costume du fromage de tête se voudra croisé ou trois-pièces; ou bien gris de façon à rester classe tout en évitant les couleurs du bas peuple. Pour finir, le Cadre Sup se permet de virer la cravate et de la remplacer par une chemise à motif ou à surpiqûres qui se suffit à elle-même. Et lorsque l'échelon supérieur s'habille basique, il le fait bien avec des vêtements vraiment élégants et des couleurs coordonnées. On notera enfin l'apparition d'une pochette et d'une épingle à cravate voire de boutons de manchettes.
-Le Yak
Alors là, on se tait, on admire et on respecte. Là c'est les Hommes, les vrais, les Tatoués. Là, on fait vraiment rimer extravagance et élégance. Alors messieurs, rajoutez 12 mètres de bagnole en plus avec vitre tintées et blindage, sortez la American Express et préparez vous à jouer vos doigts dans la cour des grands.
Qu'ils soient ritals, russkofs, noiches ou japs la règle d'or des mafiosi quand il est question de fringues est simple: "J'ai les moyens, j'ai la classe. Regarde ce que je porte populace et dis-toi que même si t'avais la thune, tu pourrais pas porter ça bien." Et les Yakuzas ont porté cette maxime à son paroxysme. Le Mafieux a le pognon, le pouvoir et la classe; alors il le montre; et c'est pour ça qu'un mafioso sera toujours sapé de façon plus voyante que le simple mortel, mais aussi 200 fois plus classe. Et bien sûr, l'extravagance naturelle des Japonais donne un sens nouveau à cette tradition.
Alors on range le noir, c'est pas voyant et c'est basique, le costume noir de base c'est pour le garde du corps; le plus basique que l'on se permettra sera du gris; et encore pas du gris simple; du Prince-De-Galles parce qu'on le vaut bien. Mais même, on va dans l'extravagance, dans le voyant; de toutes façons qu'est-ce qu'on en à battre? Du rouge à rayures tennis, à l'Aoki du coin c'est une abomination, en Chanel avec une chemise noire à col-haut Karl Lagerfeld, là ça à plus de gueule! Z'avez le pognon, montrez-le! Le respect par la peur et l'admiration, c'est ça les vrais Yaks.
Le gilet pour un trois pièces ou une veste croisée reste évidemment un choix de premier ordre, car cela donne de l'élégance et du statut à votre costume que vous avez voulu voyant. Bien entendu pour ce qui est de la coupe, transcendez le concept plébéien de coupe en optant pour sur-mesure. Quand aux couleurs du reste, c'est la coordination et l'homogénéité; n'oubliez pas: Vous défiez le citoyen lambda en portant ce qu'il hors de ses standards (et de son porte-feuille) et c'est donc par une association de couleurs magistrale que vous remporterez ce défi. Le trois-pièces et la veste croisée sont bien entendu des alliés de poids, puisque la teinte du costume y couvrira plus le torse, ce qui aide pour l'unification. Tant qu'à parler veste croisée, n'oubliez pas que la vie commence à 4 boutons, pas moins; en revanche plus à savoir 6 c'est encore mieux. Pour finir sur les couleurs, l'association se voudra donc homogène, mais n'oubliez pas d'obtenir une réussite totale en faisant ressortir chaque partie du costume. Le meilleur moyen étant bien entendu d'avoir des coordonnés selon le système "Telle chemise uniquement avec telle cravate et seulement pour ce costume." N'oubliez pas que l'argent n'est plus un problème.
Les chaussures et la ceinture seront bien entendu à l'avenant et s'accorderont bien au reste; en revanche bannissez les chaussures rondes de Mr Tout-le-monde, du pointu par exemple.
Enfin, vous affirmerez votre statut social par les bijoux, épingles; pochette, bagues, foulard. Avec Antoine on en a même vu un qui avait cerclé sa cravate d'une bague en platine ornée de diamants avec des bijoux qui pendaient à sa poche.

Histoire que cet article gagne en profondeur, je finirais en vous disant que, comme cela à dû vous traverser l'esprit; c'est bien évidemment dans une cité comme Tokyo, véritable Babylone moderne basée sur l'apparence, le consumérisme et le clinquant; que le costume symbolise le statut social et financier. Le brave petit cadre moyen n'ayant bien entendu pas accès aux mêmes standards que le Keizai Yakuza de Shinjuku ou de Shinagawa. De même, ils n'ont pas les mêmes espérances, ni la même opinion d'eux mêmes, et de fait ils ne portent pas la même chose. Ici plus qu'ailleurs, vous êtes ce que vous portez. Pour le meilleur et pour le pire...

mercredi 19 août 2009

Filth of the City

C’est un homme heureux qui vous écrit ce message. Un homme qui a reçu un message de Caroline, un autre de Laura; du soutien et un code de carte pré-payée World of Warcraft de la part de ses parents et de sa famille et appris l’annonce de Fable III.


Mais surtout, un homme heureux grâce à de magnifiques retrouvailles et un magnifique et enrichissant voyage à Kyoto.


Et c’est parce que cet homme est heureux qu’il va être plus en verve que jamais.

Je suis de retour en la fourmilière Tokyoïte, et ça va chier.


Kyoto est une ville sublime, riche de son Histoire, riche de sa Culture, riche de son Authenticité, riche de sa Spiritualité; et magnifiée par Eléonore et Julia. Ce séjour fut régénérant, ressourçant et enrichissant. Après avoir soupé jusqu’à la nausée du bishonen wannabee fashion qui drague mollement des greluches juchées sur 10 centimètres de faux Christian Louboutin, ça fait vraiment, mais alors vraiment du bien.

Et désormais, me voici de retour dans ce que Antoine nomme, et selon moi à raison; la Babylone Moderne.


Pour moi, Tokyo est l’équivalent de la Ville de Spider Jérusalem; cette mégalopole post-cyberpunk emplie de vices et de débauches; une ville d’ombres sournoises et de lumières artificielles dans tous les sens du terme, mais comme le dit si bien le Spider susnommé:


«Je ne peux écrire que dans la Ville.»

Et je ressens tout à fait ce propos.


Après la spiritualité de la Grande Capitale, l’hypocrisie de la Capitale de l’Est me réjouit.

Tokyo est la Ville, la Babylone, là où tout se consomme, se vend, se cache. Ce n’est pas une Amsterdam qui offre de la liberté et l’assume; ce n’est pas une Vegas qui vend de la débauche et l’assume.

Non, Tokyo, c’est une working woman sexy et élégante; toujours sur la brèche, qui a honte d’être inassouvie par son mari et qui a honte de sustenter sa nymphomanie par du Sado-Masochisme lesbien.

Et désormais, grâce à ce beau voyage spirituel, je peux le dire:

J’ADORE CA.


Désormais, le vice caché; la perversité inavouée de cette immense mégalopole prend un goût nouveau pour moi. Je suis sur le toit du monde, là où l’apparence compte plus que tout, là où la photo la plus lumineuse n’existe que par le négatif le plus obscur.


J’aime voir ces sales gaijins ivres de sake et d’extraterritorialité se dire que parce qu’ils sont étrangers et que dans leur pays occidental une demoiselle qui s’habillerait comme le ferait une fille de Shibuya serait forcément une fille de petite vertu, ils peuvent se taper n’importe quelle fille, n’importe où et n’importe quand. Et j’aime rire de ces abrutis lorsqu’ils réalisent que non, les Tokyoïtes ne sont pas des filles faciles avides d’étrangers; mais au contraire des petites choses gentilles mais farouches, qui ont juste une mode plus voyante et excentrique; et que non le peu d’intérêt qu’elles leurs portent n’est pas signe d’une envie de forniquer.

Et si vous ne me croyez pas, c’est que vous n’avez rien compris aux femmes en général et aux japonaises en particulier.

J’aime voir ces salarymen moyens, enfermés dans leur vie moyenne; lire du Hentai dans le métro. Le Hentai bas de gamme, ou la perfusion d’une libido en état de mort cérébrale après des années de médiocrité routinière. Et après j’aime les voir aller dans les bars à hôtesses, rêver de beauté et de féminité qu’ils ne connaîtront plus jamais.


J’aime voir cette ville où tout se monnaye, où l’on vous offre un cadeau dans un bar avant de vous le facturer 1000 yens sur l’addition; où l’on prétend être d’une culture dont on ne connait rien; si ce n’est qu’elle attire le CONsommateur et est peu exploitée par les chercheurs de profit.


J’aime chercher le moche derrière les apparences, et désormais je me rend compte: Je vais me régaler. Tokyo a perdu la tradition et la spiritualité d’une Kyoto, ou plutôt les a vendues. Parce que la Culture avec un C majuscule, ça ne fait pas vendre; parce que le Système a besoin de zombies décérébrés par un rythmne de vie infernal et un consumérisme outrancier pour survivre. Ce Système subsiste seulement grâce à l’usine à rêves et aux spectacles permanents. En faisant regarder les étoiles qu’ils n’atteindront jamais et le même tunnel monotone au peuple moyen, le Système l’empêche de regarder le sol, et de faire constater au peuple qu’il creuse sa tombe.

Et comme le peuple a honte du mal qui est en lui, il continue de le cacher, et parce qu’il le cache il fait vivre le Système. Le Système est heureux de forcer le peuple à avoir honte de son vice, parce que au final cette économie du vice ne peut fonctionner que grâce à la volonté de braver les interdits; et parce que au final cette économie de l’écran de fumée ne peut exister que par la volonté de cacher cette souillure derrière la peinture la plus reluisante possible.


Tokyo est véritablement la Babylone moderne, là où le mercantilisme, la bureaucratie sont contrôlés par un seul et même pouvoir (le fameux triangle P.L.D./ Keiretsu/ Yakuza) dans le seul but d’exploiter le peuple.


Je vais me plaire ici, oh oui...

jeudi 13 août 2009

The Third Age

Quand l’Histoire anéantira la civilisation Japonaise moderne, et que cette civilisation la suppliera à genoux; l’Histoire lui dira qu’elle va prendre du plaisir à faire ça lentement.

Principalement à cause de 2 choses: Les pubs Japonaises et Leur façon de traiter leurs vieux.


Pour certains peuples d’Afriques la mort d’un vieillard est pire que celle d’un bébé, après tout le bébé n’a rien accompli et n’a de fait rien a transmettre, ni rien à regretter; les japonais feraient bien de s’en inspirer quand on voit comment ils traitent leurs vieux.


C’est bien simple tous les emplois dégradants et peu qualifiés sont tenus par des personnes du 3eme âge; quand ces personnes ont un emploi et ne dorment pas sur le trottoir ignorés de tous.


Perso, ça me débecte.

J’ai vu un vieux balayeur du métro se faire pousser par un salaryman, je l’aurais abbattu sur place sans autre forme de procès. Le plus révoltant c’est que ce cadre moyen qui vit sa vie moyenne n’a aucun respect ni pour le peu de gens qui sont en-dessous de lui sur l’échelle sociale, ni pour ses aînés. Alors que le respect des ancêtres est censé être primordial dans la pensée japonaise.

Oui ce vieux est un boulet qui mange du pognon à coup de retraites, oui ce vieux a un job insignifiant; mais juste parce qu’il est vieux cet abruti aurait du s’excuser; et platement.

Pour la simple et bonne raison que ce connard moyen vit une vie moyenne de merde avec une femme moyenne de merde et des enfants moyens de merde.

Alors que le vieux appartient à la génération qui a versé son sang et ses larmes dans une guerre idéologique menée par un fou. Une guerre dont il savait la vacuité; dont il savait qu’elle ne leur ferait pas écrire l’Histoire; mais qu’il a fait quand même pour son pays.

Et alors que ce salaryman médiocre s’est confortablement assis dans la Mitsubishi Lancer Evolution IX économique japonaise; le vieux a aidé à la faire démarrer; et en 1997 c’est le vieux qui a regonflé les pneus.

Au fait, je ne défends pas un impérialisme qui a combattu aux côtés des mêmes qui ont envoyés mon grand-père a Buchenwaldz; j’ai juste plus de respect pour un homme qui a combattu pour ce qu’il croyait et pour son pays, que pour un insignifiant tocard qui ne combat pour rien, parce que de toutes façons il est trop con et endoctriné pour avoir une cause qui en vaille la peine.


Ce vieux aurait des choses à raconter, des choses qui font honneur aux japonais; et le voir aujourd’hui méprisé par cette génération qu’il a porté à bouts de bras me révulse. Le vieux aurait autres choses à raconter que le fait qu’il a chopé son fils en train de se branler devant du porno téléphonique, ou que sa fille a fini avec 3 Kevins de Shibuya bourrée dans tous les sens du terme.


Mais aujourd’hui ce vieux comme tant d’autres, est contraint de mendier à sa propre progéniture; cette génération minable qu’il a crée le force aujourd’hui à mettre les deux genoux à terre pour lui cirer les pompes; au sens littéral du terme. Et lorsqu’il a fini de s’abbaisser, il va dormir dans la rue; avec ses congénères générationnels qui sont aussi des laissés pour compte.


Et vous savez quoi? Ca leur va très bien comme ça.


Parce que leur société qui vit à 450 à l’heure n’a pas besoin de vieux traîne-patins;

parce que leur capitalisme du culte de l’apparence a besoin de jeunes idols de 12ans qui vont faire casquer leurs connes de filles et triquer leurs médiocres de pères.

Parce que au final, acheter le respect de leur fille en lui payant le dernier album de la nouvelle poupée formatée par Sony pour les endormir plus et les faire raquer plus; est tout ce qu’ils veulent.

Parce que le vieux au final, il faut l’entretenir; mais le vieux il ne fera pas des études dont il n’a rien à taper pour devenir salaryman comme papa.

Le vieux, il ne donne pas la gaule au patron quand on l’invite à bouffer histoire de lui faire de la lèche et d’avoir enfin son augmentation.

Le vieux, il rapporte pas de thunes; le vieux, il n’a que des expériences humaines fortes et une philosophie de la vie qui doit être gardée. Mais ça, ça fait pas vendre, ça rapporte pas; puis ça fait chier la petite qui préfère mater Hey Hey Hey et rêver que un jour, avant qu’elle soit trop vieille; à savoir 15ans; elle aussi fera déverser des litres de sperme par des vieux pervers et des piles de billets par d’autres connes de son âge. Et comme le vieux, lui qui a vu naître ce capitalisme décérébrant, ce rideau de fumée consumériste; sait à quel point ce sont des pions; il le leur dit. Et eux, dans une grande réaction de révolte; ils le chassent. Parce qu’ils sont heureux en tant que pions, ils aiment leur vie moyenne, ils aiment payer pour du rêve et de la lobotomie, et ils ont atteint le point de non-retour de la digestion par le système. Aujourd’hui en sont jejunum; demain en son rectum, après-demain le système tirera la chasse et les aura remplaçés.


Et le vieux dans tout ça, il mendie, il vole, il se dégrade humainement et physiquement; il vole encore; il attend que les flics le chope; au moins il ira en maison de retraite ou en prison. Mais plus dans la rue, il ne sera plus ignoré par sa progéniture, et cessera d’avoir ses seuls moment d’existence quand il lui cire les pompes.


Mais ils paieront, un jour ils paieront leur volonté de s’enfoncer dans leur médiocrité en sacrifiant l’humain au consommable.

Oh oui...

Ballade Nocturne

Désolé Mathilde, mais aujourd'hui j'ai un sujet qui me tient bien plus à coeur que l'honorable bureaucratie japonaise expliquée à ces connards de Gaijins.


Non aujourd'hui je veux vous parler d'une de mes plus belles expériences Tokyoïtes: lorsque je me suis perdu seul dans la nuit d'hier.


Pour faire simple, on est parti en soirée avec un autre client de l'hôtel et on s'est perdus; puis l'autre client avait envie de continuer la soirée, tandis que moi; n'ayant ni papiers d'identités sur moi; vous pouvez rangez vos sourires de hyènes, ils sont planqués dans mon coffre; ni l'envie, j'ai décidé de rentrer seul.


Alone in the Dark, ouais; pour ceux, mais surtout celles je pense; qui connaissent Tokyo, je devais faire Shibuya-Asakusa à pinces. DEVAIS, parce que au lieu de rentrer par la façon normale, j’ai raté toutes les sorties; manqué tous les virages et mal compris toutes les indications que d’aimables japonais ont voulu me donner.


Et de fait, de conneries en incompréhensions, je me suis retrouvé au jardin de Yoyogi; seul et perdu; mon esprit était dans un cirage de désorientation aussi noir que le ciel nocturne Tokyoïte.


Je ne savais pas où j’allais, ou du moins je croyais le savoir, et à chaque fois que j’atterrissais au mauvais endroit, j’étais dans l’incompréhension la plus totale. J’allais de Combini en Postes de Police errant entre la route principale et le parc de Yoyogi.

Sous le noir d’encre, le parc ressemblait vraiment à une forêt mal famée, et pourtant je n’étais pas sur mes gardes; Tokyo est une ville sûre, et chaque seconde de cette escapade en fut une confirmation. Mais j’étais en sueur, ma chemise devait peser 3 tonnes; mes yeux me brulaient à force de pleurer de la transpiration et chacun de mes mouvements n’étaient produits que par une force psychologique.


Et vous savez pourquoi? Parce que quand même bien même ce fut une connerie monumentale; quand bien même je puisse m’estimer heureux d’avoir préservé mon passeport et mon intégrité anale; et ben c’était trop bien.


C’était trop bien, me perdre dans Tokyo la nuit fut une expérience enivrante, je voyais des gens normaux et d’autres moins; je me faisais aider par des clerks de combini dont la politesse et la volonté de m’aider faisait plaisir à voir; même si c’était juste parce qu’ils avaient enfin quelque chose à foutre.

Je souffrais le martyr, je n’étais plus qu’une immonde masse gélatineuse et coulante; mon cerveau était réduit à sa plus simple expression; mais mon esprit grisé suffisait à lui seul à faire tenir mon corps. Chaque désillusion me contraignait à un demi-tour; ou a emprunter le bon chemin; et tandis que la ville faisait sa mue devant moi; elle me tendait des pièges, m’empoisonnait par son climat et jouait avec mon esprit faible et dérouté. Mais dans ce long combat d’usure contre la ville, je n’ai pas capitulé; j’étais trop heureux de vivre ce que j’ai vécu.

Je voyais cette grande mégalopole, symbole d’un consumérisme et d’un capitalisme exacerbé; je voyais cette vieille geisha dopée à l’adrénaline trop attiffée et trop maquillée se muer. Je la voyais plus que nue, je la voyais dans sa chair.

J’ai vu des jeunes habillés selon la dernière mode made in Shibuya dormir dans un parc, à côté de ces vieux laissés pour compte rejetés parce que trop vieux pour une économie d’apparence qui vit à 400 à l’heure. Et l’odeur de crasse et d’alcool m’a bien fait comprendre que ces jeunes n’étaient pas là à cause d’une cuite plus forte que prévue.

J’ai vu le mépris dans les yeux du citoyen lambda face à mon apparence perdue.

Et parce que j’étais heureux de découvrir cela lors d’une balade improvisée et impromptue, j’étais heureux, et j’ai tenu.

Et parce que j’ai tenu; la ville m’a pardonné et j’ai finalement eu le droit de retrouver mon chemin; et au sens littéral; parce que je me suis retrouvé pile à mon point de départ. J’ai eu le droit de retrouver mon hôtel, et de gouter la victoire sur ma connerie. Tout en restant totalement grisé par cette belle expérience. Et finalement, j’ai eu le droit de survivre et de revivre; plus heureux que je ne l’ai jamais été.


Et pour finir une pensée pour quelqu’un.

Lorsque la Bretagne sera civilisée et qu’elle aura l’accès internet à loisir; Laura pensera à notre ballade du même genre à Dijon; et comme toujours je lui dirais que c’est mon plus beau souvenir avec elle. Alors Laura si tu lis ce torchon, dis-toi que c’était aussi génial; j’aurais juste voulu que tu sois là.

mercredi 5 août 2009

INTRODUCTION

Comme j'ai trop la flemme d'envoyer des mails à tire-larigot, je vais créer ce blog.
Ouais, j'ai horreur de ça mais faut bien, avec un peu de chance je vais même m'en occuper.
Ce premier article a pour but d'introduire un peu ce blog; de fait, cet article liminaire ne sera pas un incipit in medias res, et je dois avouer que ça me fait bien chier.

En effet, j'abhorre vraiment les démarrages longs et explicatifs; mais c'est les plus simples et si ça se trouve vous serez assez fous pour faire lire ce torchon à des gens qui ne me connaissent pas et qui prendront mes horribles disgressions au sérieux et au premier degré. Qui sait autant vous allez l'aimer cette saloperie et vous aller la propager telle la gangrène; et autant je devrais le continuer...

Non je déconne, j'ai assez d'orgueil pour espérer que ça vous plaise, mais pas encore assez de raison pour y limiter ma verve acide et méchante, et surtout pas assez de considération pour en avoir quelque à faire si ce que j'écris peut choquer des sensibilités qui ne sauraient pas que je suis capable de me déguiser en S&M ou de polluer un T-shirt de mon école comme l'aurait fait le Joker durant la campagne virale de The Dark Knight; pour ceux que ça intéresse, et ils ne doivent pas être nombreux; le dit T-Shirt est aujourd'hui dans la décharge du Havre.

Bon, voilà; se faire passer pour un taré qui se moque de tout: CHECK

Maintenant on va pouvoir y aller; le but de ce blog est quand même autrement plus noble que de me permettre de déverser mon venin et de me défouler en attendant de pouvoir brancher la Play3; je voudrais surtout vous offrir mon point de vue très personnel sur l'année qui va suivre; vu que cette année va se faire au Japon dans une Université Tokyoïte du nom de Keio.

Par contre je vous préviens, les articles généralistes ça me fait chier, ce que j'aime c'est partir du particulier bien ciblé pour arriver à des disgressions et des réflexions bien bizarres, que j'essaierai quand même de rendre pertinentes histoire que ce blog ait un intérêt. Pour faire simple, mes idoles journalistiques sont Desproges et Spider Jerusalem; alors vous aller vous manger de la chronique bizarre et acerbe sur un sujet qui l'est tout autant; et evidemment ce sera à prendre au 33eme degré. Encore une chance que je trouve cette ville géniale et ce pays magnifique. C'est comme dans mes rêves de geek, sauf que c'est vrai.

Le prochain article arrivera bientôt, à l'insu de votre plein gré.
En attendant dormez-bien et comme on dit au Groland: Banzaï!